Le Forum Déclaré d'Intérêt Public par ses Membres !
AccueilFAQRechercherS'enregistrerConnexion
 

[Texte] Le Récit de Save Dream

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité




MessageSujet: [Texte] Le Récit de Save Dream   Sam 24 Nov 2007 - 20:41

C’est bien la 1ère fois que je fais ce genre de boulot : aider à surveiller un petit dealer. On m’avait affecté provisoirement (le provisoirement durant 1 nuit en fait) à la brigade des Stups.
- Pourquoi moi Monsieur Jaline ? Je ne suis pas spécialement plus doué que les autres pour faire ça…
- Parce que vous êtes le seul qui, en même temps, connaît très bien le quartier St Paul, à Lyon, et qui, en plus, n’a pas d’obligations familiales avec des enfants, et même pas d’obligations amoureuses avec une épouse…. ou avec un époux ; ha ha ha ha ha ha ha !!!
Non sérieusement, mon petit Salti, vous êtes le seul qui ne vient pas me gonfler avec vos histoires de femme ou de mioches.

Super, parce que je ne suis pas dans le moule, on me désigne du doigt pour faires des choses inhabituelles. L’histoire de ma vie tiens. Je n’ai jamais été dans le moule au moment où il fallait. Mais bon, on sort du sujet là...

- Je vous fais juste remarquer que ma fonction première c’est la recherche de personnes disparues, pas la surveillance de je ne sais qui.
- Non mais écoutez Salti, c’est vraiment tout bête : vous devez simplement guider les gars des Stups dans ce fameux quartier de Lyon dont vous êtes originaire, et que vous connaissez très bien.
D’ailleurs, c’est tout de suite à vous que j’ai pensé quand le responsable de cette opération a lancé cet appel général pour savoir...
- Je vous informe juste que j’ai quitté Lyon il y a 5 ans, et que j’habite Montpellier maintenant. Depuis, ça a bien du changer, Monsieur le Directeur.
- Oh ! Arrêtez avec vos «Directeur» à la noix ! Depuis le temps…
- Alors arrêtez de m’appeler par mon nom ! Car je sais qu’à chaque fois vous faites ça, c’est pour me donner une mission à la con !
- Ok Pierre, ok… Ecoutez, c’est juste l’histoire d’une nuit. Vous accompagnez les autres à l’adresse ou se planque la cible et vous leur donner toutes les infos possibles concernant les petites rues, les montées, les alcôves, les sorties possibles, bref, tout ce qu’il faut savoir au cas où notre homme se sait découvert et prend la fuite.
- Et ?....
- Et c’est tout, je vous assure. Tenez, je vous offre même un super hôtel pour vous reposer de cette nuit. Vous évitez le Formule 1 grâce à moi. Je ne suis pas un Directeur compréhensif ? Hum ?!
- Qu’est-ce qu’il a de spécial ce gars ?
- Apparemment, il doit être le point de départ pour remonter une grosse filière des pays de l’Est. Ca devient le nouveau circuit à la mode de distribution de drogue. Et ils n’ont que ce type comme début de piste. Vous comprenez donc qu’il faut le surveiller avec une très grande discrétion.

Je me retrouve donc à passer cette fameuse nuit du 5 au 6 septembre 1995 dans le quartier de mon enfance. Plus tard, vers 15 heures, je rejoins un des flics qui était avec moi, Léon Gonzales, pour affiner les détails et les plans de St Paul.
Ceci fait, on me dépose à la Gare de la Part-Dieu afin de prendre mon train.
Moins de 2 heures 30 plus tard, je suis chez moi.

Après le calme de la nuit Lyonnaise, je retrouve le calme de mon appartement.
Bien qu’on soit en septembre, il fait encore bon dehors. Et voir toutes ces femmes en jolies tenues plutôt courtes pendant cette nuit de surveillance, ont réveillé mes instincts de célibataire, situation qui perdure depuis un bon moment déjà.
J’écoute mon répondeur. 1 message : «Allo Pierre ? C’est Martine. Juste pour te dire que t’es un pauvre nul, et même un sale con ! Je t’ai attendu plus d’1 heure hier soir. Tu peux oublier mon numéro, vu que t’oublies de me voir ! Pauvre mec !...»

- Ah Me**de ! J’ai oublié de la prévenir que j’étais à Lyon…

En même temps, faut pas que je m’étonne d’être encore célibataire.

Le lendemain, 8h30, je retrouve Julie Granier, une de mes collègues du Service des Personnes Disparues, service auquel je suis affecté depuis mon arrivée sur Montpellier.
Un joli bout de femme brune aux yeux noisettes, du haut de ses 1m63, mais qui a décidé d’enlever tout signe de féminité. Sûrement pour faire plus crédible dans son travail.
Dommage…

- Salut Pierre.
- Salut Julie.
Par contre, son parfum (Flowers de Kenzo) lui va à merveille.
- Alors ? Comment s’est passé ce séjour à Lyon ?
- Bof… Je n’ai pas vraiment eu le temps d’être nostalgique de ma ville. Passer une nuit à jouer l’archéologue des rues et à prendre des notes sur un plan, y’a plus convivial.
- Je vois… Bon, y’a notre chef qui nous attends tous les deux dans son bureau.
- Dans son bureau ? Donc y’a urgence.
-Je ne sais pas, je t’attendais.

Elle a cette lueur d’excitation du travail. Ca se voit, car elle a à peine fini sa phrase qu’elle part en direction du bureau du Chef.
Allons donc voir ce qui met en transe cette brave Julie.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: [Texte] Le Récit de Save Dream   Jeu 29 Nov 2007 - 18:33

-« Salti ! Vous m écoutez ?! » s'écria Severin.
Pierre avait décroché depuis plus de cinq minutes. Il venait de découvrir que Julie malgré ses allures de garçon manqué cachait des formes plus qu'harmonieuses.
-« Oui oui chef! » répondit Pierre rouge de confusion.
Severin reprit.
-«Nous parlons d'une histoire délicate et je réclame votre discrétion et attention. Cette femme cotoie le gratin mondain et politique de Montpellier, alors rien doit filtrer !
La disparue est cartomancienne, adepte de la magie et autres joyeusetés. Elle s'appelle Delphine Micarmi , surnommée Mimi.
Son conjoint a signalé sa disparition hier soir , il n'a pas eu de ses nouvelles depuis plus de 3 jours.
Il est passé chez elle, la porte était claquée, comme si elle était sortie pour une course dans le quartier.Son portable trainait sur le canapé. Rien ne semble manquer sinon la propriétaire , son chat Gorki affamé, attendait devant sa gamelle d'un air furax. Voila tout ce que son ami nous a déclaré. Pierre tu vas à sa boutique, Julie à l'appartement, vous me passez tout au peigne fin et vous me faites un rapport avant ce soir. »


Rien ne semblait anormal dans l'appartement de Madame Mimi , comme l'appelait les voisins, d'ailleurs ses derniers n'avaient rien vu de suspect ces derniers jours.
Gorki le chat surveillait Julie du coin de l oeil, des fois qu'elle ouvre le frigo pour lui redonner une lichette de Ronron...
Julie fut surprise par la décoration de l'appartement, très contemporaine épurée. Elle s'attendait plutôt a une capharnaeum de livres, objets et autres fetiches ésotériques.
Toute la panoplie de la cartomancienne devait se trouver à la boutique.
Quelques choses l'intriguait...Tout semblait bien rangé, comme si la femme de menage venait de passer. Même le chat, dormait pepère sur une des étagères de la bibliothèque, on aurait dit un bibelot en porcelaine.
Pourquoi d'ailleurs son panier avait il été installé là ?
Certes la bibliothèque etait robuste et servait de séparation entre le bureau et le séjour mais pourquoi y installer le panier du chat ?
Elle delogea Gorki de son panier qui s'en alla vers la cuisine dédaigneusement.
Bingo sous la couverture elle découvrit un carnet relié .
Elle prit son téléphone , appella Pierre.
-« J'ai trouvé un carnet planqué dans le panier du chat » dit elle en commençant sa lecture.
-« ça parle de quoi ? »
-«ça ressemble à un roman ou un journal intime et toi t'as quelque chose? »
-«Juste ses livres de compte »
-« On se retrouve au bureau? »
-« Dans une heure »
-« ça marche »
ça lui laissait un peu de temps pour commencer à lire le fameux carnet.
Je me souviens de ce jardin, si vaste et merveilleux.
Longtemps j'ai cru qu'il n'etait qu'un rêve mais grand mère m'y emmenait chercher les plantes , elle m'apprenait leurs noms et leurs pouvoirs.
Je sais que grand mère est là bas , c' est bien pour cela que sa disparition n'a jamais étonné personne.
Si seulement je retrouvais la Passerelle du Jardin Perdu ...
Revenir en haut Aller en bas
Mapy
SaveDreamien Platine


Sexe:FémininPoissonsChat
Age : 45
Inscrit le : 07 Oct 2007
Messages : 5736
Ville d'habitation : Grenoble

MessageSujet: Re: [Texte] Le Récit de Save Dream   Jeu 6 Déc 2007 - 12:05

Grand-mère m'a si souvent raconté cette légende.
Je la revois, grande, un peu voûtée, mince et gracieuse, les fines rides laissées sur son visage par ce sourire malicieux toujours prêt à apparaître qui lui donne l'air d'une gamine (de 72 ans quand même ...) qui vient d'être prise en flagrant délit de bêtise.

Je la suis dans le parterre de millepertuis, les centaines de petites fleurs jaunes égayent le jardin médicinal, elle se penche, cueille doucement une fleur et se tourne vers moi :
-" Tu vois ma chérie, voilà une plante qui serait bien utile à ta maman, une décoction tous les matins et sa mélancolie disparaîtrait rapidement."
-" Mamounette, tu sais bien que Maman ne veut rien entendre au sujet des plantes, des potions des décoctions et de la mag..."
-"Tais-toi vite, malheureuse ! Tu sais bien qu'il est des mots qu'il ne faut pas prononcer à haute voix n'importe où . Le vent pourrait les attraper et les emporter sur ses ailes pour les déposer au creux de l'oreille d'un de nos ennemis et alors ...."

Grand-mère eut un frisson de frayeur, ses yeux habituellement si limpides et si rieurs se voilèrent légèrement et ses traits se décomposèrent, puis elle se reprit, secoua la tête et marmonna entre ses lèvres :" Elle est assez grande maintenant, il faut que je lui dise tout, elle sera la prochaîne, il faut qu'elle puisse faire face à sa destinée...Mais elle est encore si jeune, si innocente.... Oui, mais elle a le don ..."

Elle se tourna vers moi et me montra d'un signe de la tête, un petit banc abrité par un chêne séculaire...
-" Viens, je me sens un peu fatiguée, allons nous asseoir et je te conterai l'histoire des femmes de notre famille"
-" Mamounette chérie, tu me l'as déja contée, maintes et maintes fois..."
-"Oui, mais j'avais volontairement omis quelques petits détails, ma chérie." me dit-elle en souriant.

Elle tapota le banc de sa petite main racée et me fit asseoir près d'elle.
Je la voyais chercher ses mots et commençais à me sentir un peu inquiète, je lançais un filament de magie pour m'apaiser. Elle eut un sourire en sentant le bruissement que j'avais provoqué à la surface du don.

-" Delphine, comme tu le sais , le don a toujours été particulièrement fort chez les femmes de notre famille, certaines ,parfois, nous ignorons pourquoi, en sont totalement dépourvues, mais d'autres, en revanche sont puissantes.
Et je sens en toi une force énorme qui ne demande qu'à être guidée pour acquérir toute sa plénitude.
Mais, comme tu le sais, de multiples dangers nous guettent, nos ennemis sont à notre poursuite, ils veulent posséder notre pouvoir et seule la "Passerelle" peut nous mener au "Jardin perdu" où se trouve la "Pierre Sacrée" qui peut détruire le mal."
-"Oui, Mamounette, tu me l'as dit souvent, mais tu ne m'as jamais dit comment atteindre cette "Passerelle" qui mène dans un autre temps, un autre jardin, un autre monde...."
-" Oh ma chérie, c'est une quête bien longue et bien dangereuse vers laquelle je t'envoie et tu es si jeune, mais moi, je n'ai plus la force." Dit-elle d'un air chagriné, elle reprit :
-"Pour trouver la passerelle, il va te falloir trouver trois objets habités par une ancienne magie.
Je ne connais que le premier, mais si tu le trouves, il te mènera au second qui te mènera au troisième."
-"Grand-mère!!! Allez, ne me fais plus languir ! Dis-moi tout !!!
-"Ah l'impatience de la jeunesse !!! Puisqu'il le faut, voilà :le premier objet que tu devras trouver est une casserole... Ne pends donc pas cet air ahuri, tu sais bien que la magie, même la plus puissante peut se cacher dans le plus ordinaire des objets... Je disais donc, un casserole, mais bien sûr pas une de ces casseroles modernes, recouverte d'un revêtement anti adhésif, non, je te parle moi, d'une bonne vieille casserole en cuivre et vermeil dans laquelle on ne peut jamais rater les confitures.
Cette casserole aurait appartenu au grand Merlin lui-même et lui aurait été dérobée par la jeune et perfide Vivianne.
D'après la légende, elle serait quelque part dans la forêt de Brocéliande, près de la "Source des Vies"...."
-" Mamounette, je vais suivre cette quête, je vais chercher les objets magiques et je trouverai la "Pierre sacrée", je te le promets."

Elle me pris dans ses bras et m'embrassa longuement.
Tout à coup, un bourdonnement se fit entendre ....
_________________
Rien ne sert de courir, ça ne sert à rien ...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: [Texte] Le Récit de Save Dream   Dim 16 Déc 2007 - 1:11

"Ce bourdonnement s'intensifia de plus en plus, sa puissance m'avait refroidi.

Terrifiée, j'avais fermé mes yeux quand tout à coup ma grand-mère hurla. J'ouvris les yeux, ma grand-mère n'était plus là. Elle avait disparu.
Bizarrement, je savais qu'elle était dans ce jardin, je ressentais sa présence. Je décida donc de suivre cette quête pour sauver ma grand-mère et trouver cette fameuse "Pierre Sacrée".

Il fallait que je trouve cette casserole en cuivre, je me suis mis donc à farfouiller dans la maison de ma grand-mère. Sans aucun résultat.
Où devais -je chercher ? Tout en réfléchissant, je me suis mise à regarder les nombreuses photos accrochées au mur du salon et un détail m'interpella : la petite de maison de campagne. Je me souviens de ses nombreuses vacances passées dans cette maison, j'adorais y venir. Je me rappelle également de cette délicieuse confiture à la fraise. Je suivais donc cette piste et pris immédiatement la route.

Après une heure de route, j'arriva enfin. La petite maison construite entièrement en bois de mon enfance n'avait pas changé, elle était aussi belle que dans mes souvenirs.

Tout en m'approchant de la porte d'entrée, je ressentais étrangement une force, elle m'attira. J'ouvris cette porte.
Instinctivement, j'alla dans le salon. J’adorais cette pièce étant petite, là où ma grand-mère autour de la cheminée me conta de jolies histoires.
Je ressentis de plus en plus la puissance qui m'amena à la cheminée où y trôner "La Casserole". La puissance provenait de la casserole, je la pris dans mes mains et l'examina de plus près. Cette casserole était magnifique.
Au dos, je remarqua une inscription, on pouvait y lire "Perle bleue du lagon".

Je me demanda si la perle était le deuxième objet à rechercher. "


Le téléphone sonna.

Julie absorbée dans la lecture de ce carnet fit un bond.
Revenir en haut Aller en bas
Mimi
SaveDreamien Hermite


Sexe:FémininSagittaireRat
Age : 23
Inscrit le : 20 Juin 2007
Messages : 9282
Ville d'habitation : 78

MessageSujet: Re: [Texte] Le Récit de Save Dream   Mar 8 Jan 2008 - 0:14

Elle fouilla ses poches, son sac a la recherche de son téléphone … puis elle se rendit compte que la sonnerie venait d’un autre téléphone … elle balaya du regard l’appartement de Mme Mimi et aperçut de la lumière provenant du portable abandonné sur le fauteuil. Elle s’’approcha rapidement pour le saisir mais il cessa de sonner. Elle parcouru le journal d’appel et trouva un numéro.

Elle s’apprêtait à le composer lorsque la porte s’ouvrit … c’était Pierre, il avait l’air très inquiet :
- Mais que faisais-tu ? ça fait plus de 3heures que tu aurais du rentrer au bureau … Séverin m’a envoyé te chercher car il s’inquiétait !!!
Julie alla vers la fenêtre et fit glisser le rideau, elle s’aperçut que la nuit était tombée et que la rue était déserte …
- Je … je… j’étais tellement absorbée par le journal de Mme Mimi que je n’ai pas vu l’heure passer …
- Le journal … ? quel journal ?? celui dont tu m’as parlé
- Oui, oui, celui – ci … (elle se tourna vers la table basse ou elle venait de le déposer et lui montra le carnet)
- Ah ? et tu as trouvé quelque chose d’intéressant ?
- Je ne sais pas (dit elle l’air pensive), j’ai faim allons en parler autour d’un bon plat…
- Très bien je t’invite, … mais tu as l’air soucieuse …
- Non ce n’est rien, ne t’inquiète pas on en parlera la bas …

Elle glissa le carnet et le téléphone dans son sac et suivi Pierre … Avant de franchir le seuil de la porte elle jeta un dernier coup d’œil a l’appartement, un étrange sentiment l’envahit, elle sentit une angoisse s’accroitre en elle,…, cette légende du jardin Perdu lui était familière et le parfum régnant dans l’appartement, bien qu’elle ne l’eut pas remarqué jusque la, ne lui était pas inconnu …

Arrivés au restaurant, ils commandèrent leur diner. Ils ne parlaient pas et restaient à se regarder … l’atmosphère devenait pesante…
- Tu vas enfin me dire ce qui t’arrive ?! (lança Pierre sur un ton à la fois agacé et angoissé)
- Tu sais, Pierre, j’ai… j’ai lu le carnet de Mimi, et… et je dois t’avouer que je ne sais pas trop quoi penser … tout ce que je sais c’est que cette affaire a des enjeux qu’on ne peut pas comprendre … c’est hors de notre portée …
- Mais qu’est ce que tu racontes ? Hors de notre portée ??? mais on en a traité des centaines d’affaires de disparition !!!
- Non ce n’est pas une affaire comme les autres Pierre…
- ??
- Crois moi on ne peut pas aller plus loin les conséquences seraient trop lourdes …
- Je ne t’ai jamais vu baisser les bras Julie, ce n’est pas ton genre … ce n’est pas le mien non plus … donc il est hors de question que j’abandonne la !!!
- Oui, mais tu ne sais pas tout …
- Bien tu vas tout me dire !!!

On leur servit le diner, Pierre regardait Julie désemparé… elle n’était pas dans un état normal …

- Alors dis-moi ce que je dois savoir Julie, je veux savoir !!!
- Très bien, alors écoute et laisse moi finir avant de me prendre pour une folle
- Ok je t’écoute …
- Quand j’étais petite, j’ai entendu ma grand-mère qui racontait à ma mère une histoire, j’ai souvent rêvé de ne l’avoir jamais entendu…
- Raconte … (dit Pierre impatient)
- Je vais le faire brièvement… Ma grand-mère avait des dons…
- Des dons c'est-à-dire ?
- Je t’ai dis de m’écouter Pierre laisse moi finir … elle avait des dons de magicienne, un réel pouvoir… et elle disait a ma mère que ce don se transmettait de mère en fille et donc qu’elle l’avait également … cependant, ce pouvoir à de tout temps été courtisé par des personnes mal intentionnées… les femmes de notre famille se devaient de protéger ce pouvoir…

(Silence)

- Non ne me regarde pas comme ca Pierre, ce n’est pas une plaisanterie …
- Non mais …
- Je n’aurai pas du t’en parler je savais que tu me prendrais pour une folle
- Mais non Julie, je t’écoute continue …
- Ok,…, Pour protéger ce pouvoir, celles qui le détiennent doivent parvenir à trouver la pierre sacrée, qui détruira les forces du mal …
- Mais Julie, je ne vois pas le rapport avec notre affaire …
- Et pourtant… (elle lui tend le journal de Mimi)… tiens lit ca …

Pierre prend le carnet et survole son contenu … quelques minutes plus tard, il regarde Julie …

- Mais c’est ton histoire !!!!
- Non Pierre c’est son histoire …
- Mais tu m’as dis que c’était ta grand-mère donc ta famille qui détenait le pouvoir … il y aurait plusieurs familles ???
- Non il n’y en a qu’une !!
- Euh … donc ca veut dire que …Mimi…
- Oui …
- Est de ta famille !!!
- …
- Mais qu’est ce que ca veut dire ???
- Sa veut dire que de deux chose l’une : soit il lui est arrivé malheur a cause de son pouvoir, soit elle est partie en quête de la Pierre Sacrée …
- Je ne veux pas penser a la première supposition … mais ou est cette Pierre Sacrée ?
- Dans le Jardin Perdu … mais il n’y a qu’une seule passerelle qui permet d’y accéder et on ne sait pas où elle se trouve …
- Mais attends j’ai trouvé de nombreux documents dans sa boutique au sujet du jardin perdu
- ???
- Oui… ah et j’ai trouvé d’autres choses étranges …
- Dans sa boutique ?
- Oui, en fait sur son répondeur j’ai trouvé de nombreux messages d’un homme qui n’est pas son conjoint …
- Et tu connais le numéro ?
- Oui parce qu’en fait c’est un numéro qui apparait dans une autre affaire …
- Laisse moi deviner (elle sort le portable de Mimi) … c’est le 06********
- Oui !! et on m’a confié une affaire qui n’était pas dans mes « compétences », je ne comprenais pas pourquoi …
- Ton affaire de dealer à Lyon ? et le numéro appartiendrait à quelqu’un mêlé à cette affaire …
- Oui, et je dirai même que c’est le numéro du « dealer » …

Pierre et Julie se regardaient, perdus … un tourbillon d’hypothèses les submergea …
Et si le dealer n’était pas un dealer ? Et si Mr Jalin était mêlé à cette histoire ? Quel lien entretenait le dealer lyonnais et Mimi ? Pourquoi tant de mystère autour de ces deux histoires ?
Pourquoi Mr Jalin n’a pas voulu donné plus d’informations ? Pourquoi a-t-il demandé à Pierre de le surveiller ? Pourquoi rester discret quant à la disparition de Mimi ? Qu’adviendrait-il si la légende s’avérait vraie ? Et Julie a-t-elle un rôle la dedans ? Pourquoi l’avoir choisie elle pour cette enquête ???

Les interrogations se chamboulaient dans les têtes des deux collègues … ils restaient là face à face, le regard vide dans une atmosphère atrocement étrange ….
_________________
Ce qui est passé a fui ; ce que tu espères est absent ; mais le présent est à toi .

:pourlesmodos: gardienne du smiley pour les modos :pourlesmodos:
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: [Texte] Le Récit de Save Dream   Ven 8 Fév 2008 - 0:49

Et pendant que Julie et moi restions là à contempler le néant, l'esprit embrouillé par trop de questions sans réponse, j'ai senti l'effleuve de son parfum Flowers de Kenzo me chatouiller les narines. J'avais beau essayer de me concentrer sur cet affaire pour un peu bizarre, l'odeur pénétrait peu à peu dans mon cerveau et devenait de plus en plus envahissante. Elle me donnait une sensation de déjà vue et subitement des frissons d'excitation glissaient le long de ma colonne vertébrale.

Cette odeur je la reconnaissais, je l'avais déjà senti quelque part. L'impression était furtive mais insistante. Mais où donc l'avais-je déjà senti ?
Chez madame Mimi, je l'avais senti chez Madame Mimi mais l'odeur ne venait pas de Julie. C'était la même odeur et en même temps légèrement différente.

Le carnet !!!!!! "Julie s'il te plait, veux tu bien me montrer ce carnet encore ?" Elle me regarde d'un air étonné mais s'exécute et l'extirpe de son sac à main. Je ne l'ouvre pas, je le porte à mon nez et je renifle. Elle me regarde, non pas comme si j'étais fou, mais d'un regard bizarre, troublant, troublé.

"Ce carnet sent ton parfum Julie !" La phrase m'échappe et je me sens légèrement rougir. Elle va croire que je suis accro à son odeur (et elle n'aurait pas tort). "Madame Mimi utilise le même parfum que toi". Cette phrase si anodine (il doit y avoir pas mal de femmes qui utilisent le même parfum) sonne lourde de sens. Ce n'est pas un hasard. Il suffit de voir les yeux de Julie pour comprendre qu'il ne s'agit pas d'un hasard.

Néanmoins elle garde l'air calme et se recompose vite une expression innocente en haussant légèrement ses sourcils. "M'enfin Pierre, quelle importance ? c'est un bon parfum".
Je ne saurais expliquer pourquoi mais je sens que ce n'est pas le moment d'insister. Je lui redonne le carnet en prenant un air détaché. "Oui, t'as raison, quelle importance ? après tout il ne s'agit que d'une odeur".

Je regarde l'heure et constate qu'il est déjà fort tard quand mon portable se met à sonner. Je décroche "Pierre ici". Il s'agit de Gonzales, le flic avec qui j'ai parcouru les rues de St. Paul.

"Nous avons trouvé un des petits dealers mort, de manière fort étrange".
"C'est à dire ?"
"euhhh il a été noyé"
"noyé dans une rue ?"
"oui monsieur, au fait, il a été noyé avec du parfum, avec Flowers de chez Kenzo....."

Je suis stupéfaite.

"et ce n'est pas tout, on a également trouvé une grande feuille épinglée sur son front, une feuille parsemée des vagues lignes plus au moins tortueuses, tracées avec un crayon de chez Dior que nous avons trouvé planté dans sa narine gauche"

"quoi !!!!"

"la feuille elle-même est également imbibé du parfum flowers, on dirait que les lignes représentent une carte mais nous n'arrivons pas à voir si elle correspond à une partie de la ville ou pas".

"Monsieur Gonzales, ne bougez pas, j'arrive tout de suite". Julie me regarde l'air étonné et me demande ce qui se passe. Brièvement je lui raconte les faits ainsi que ma décision de me rendre sur les lieux le plus vite possible. L'espace d'une demi seconde j'aperçois une frayeur pure dans ses yeux mais elle la cache rapidement.
"Je viens avec toi Pierre"

J'aurais préféré y aller sans elle mais dans la mesure où ma voiture vient d'avoir l'aile droit arrachée par le fils du voisin et son scooter, on y voit même la trace d'une dent qu'il a élégamment planté dans la carrosserie (le pauvre est encore à l'hopital, le fils, pas la dent), cela m'arrange de pouvoir compter sur la voiture de sport de Julie. Nous voilà donc partis ensemble.
Que nous attend-il sur place ? Que vient faire ce parfum dans une histoire de cartomancienne disparue, dealer assassiné et ma collègue aux dons hors du commun qui visiblement me cache des choses ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: [Texte] Le Récit de Save Dream   Mar 12 Fév 2008 - 0:20

23h11. On se croirait dans une vraie série policière. Julie conduisait à près de 140km/h, avec la sirène qui hurlait. Dire que son père était moniteur dans une auto-école.

- Julie, pourquoi tu tenais tellement à venir avec moi ?
- Je ne sais pas vraiment… le fait que tu parles de ce parfum, de MON parfum, et que soudainement, ton dealer y soit mêlé... ça m’a fait bizarre… il fallait que j’en ai le cœur net ; personnellement.
- Ce n’est pas mon dealer, enfin pas celui que j’ai surveillé. Mais je comprends que ça doit être assez flippant…
- Même pas en fait. Mais c’est une autre coïncidence troublante qui vient s’ajouter… Ca fait beaucoup là non ?
Je ne répondis pas. Je reprenais mon état d’esprit d’enquêteur pour ne pas perdre de vue notre objectif prioritaire : retrouver Delphine Micarmi.
- Quand même ! Comment ils ont pu laisser passer ça ?!
- …… Hein ! Qu’est-ce que tu dis ?
- En pleine analyse bouillonnante mon petit Pierre ?
Je souris
- Avoues quand même qu’il y a de quoi ! On cherche une personne disparue... Une cartomancienne certes, mais une personne quand même ; et on se retrouve dans un épisode digne de X-Files… ou de Twin Peaks.
Elle se contenta de faire un sourire en coin.
- Julie, tu vas devoir me donner des explications plus poussées…
- Ooooooh ! Tu passes en mode «drague directe» ?
- Ouais, c’est ça… Qu’est-ce que tu me demandais y’a 1 minute ?
Devant mon impassibilité et mon changement brusque de sujet, Julie sentait bien que l’humour n’avait plus vraiment sa place avec moi. Elle reprit donc sa question :
- Comment les flics de Lyon ont pu laisser tuer une connaissance d’un mec qu’ils étaient sensé surveiller jouer et nuit ? Et surtout de cette manière ?!
- Je ne sais pas. Peut-être que ce n’était pas une connaissance justement, mais un concurrent.
- Ouais. Faudrait que ton Gonzales nous en dise un peu plus, histoire qu’on voie un peu plus clair.
- Faudrait déjà qu’il soit au courant…

Il était près d’1 heure du matin quand on arrivait à destination : le parking de la brigade des stups.
- Ecoutes Pierre, je te promets de tout te raconter. Seulement, je…
- Laisses tomber Julie ! Faut que ça vienne de toi, sinon ça ne sert à rien. Si tu te forces, tu me raconteras forcément que la moitié. Je le sentirais, et tu le sais. Faisons notre boulot et on verra ça après, OK ?
- OK…

L’accueil du bureau des stups faisait toujours aussi clinique. C’était sûrement pour garder une certaine forme d’anonymat.
- Bonjour, Inspecteurs Granier et Salti, l’Inspecteur Gonzales nous attend.
L’agent nous regarda avec un air mi-méfiant, mi-dédaigneux.
- Et c’est pour quoi ? Finit-il par demander.
- Figurez-vous que c’est pour une enquête policière. C’est une vraie réunion familiale afin de montrer au public que la police française est unie face au crime. Pas vrai ma chère Julie ?
- C’est indéniable. (Son air de femme du monde agacée faisait merveille). D’ailleurs, il ne faudrait pas que nous nous attardions davantage.
L’œil de l’agent devenait presque vitreux. Soit il avait bu, soit il devenait franchement bête. Soit les 2 en même temps.
- Vous vous foutez de moi ou quoi ?
- Noooon ! Vous croyez ?!.... Vous l’appelez ce Gonzales ou je dois le faire moi-même et faire plus tard un rapport de lenteur sur vous ?!
- Ca va, ça va ! Je l’appelle...
1 minute plus tard, Léon arriva.
- Salut Salti. Comment va ?
- Pas trop mal, merci. Et toi ?
- La routine.
- Je te présente ma collègue, Julie Granier.
- Enchanté. Bien, je vous emmène à la morgue. Le médecin légiste a du finir son rapport.

Christophe Weiki avait plus l’apparence d’un montagnard que d’un médecin légiste. Seule sa voix un peu haut perchée rappelait peut-être le côté tordu de cette profession.
- Tiens ! Ce brave Léon ! Tu viens chercher un peu de parfum pour ta femme ?
Il ne put s’empêcher de rire.
Devant l’affligeance des regards posés sur lui, il toussa légèrement et pris le dossier posé sur le cadavre parfumé au Kenzo.
- Alors pas grand-chose à dire en fait. Les marques sur ses poignées indiquent qu’il a été ligoté pendant au moins 24 heures. Pas d’ecchymoses, pas de marques de coups. Bref, aucune blessure, sauf celle du front faite avec une épingle à nourrice, et celle de la narine gauche causée avec le crayon de maquillage d’un diamètre de 5 mm. Et surtout, ses poumons sont remplis de parfum : Flowers de Kenzo. Spécial comme meurtre hein ?
Julie prit la parole en premier :
- Vous dites qu’il a été maintenu ligoté pendant 24 heures minimum ?
- Voui. Plus longtemps m’étonnerait fort.
- Et pas une seule blessure, à part les 2 qu’on connaît déjà ?
Exact. Y’a bien 2-3 égratignures, mais je pense qu’elles sont dues lorsqu’ il a été jeté sur le sol, là ou on l’a retrouvé.
Elle nous regarda :
- Ce n’est pas vraiment des méthodes de la mafia des pays de l’Est…
Gonzales reprit :
- Tout à fait… Ce mec se fait ligoter, et il n’y a pas une seule trace de torture. S’il faisait partie d’un réseau concurrent à un autre, on l’aurait tabassé pour avoir des infos. C’est pour ça que je vous ai appelé.
Je m’impatientais.
- Julie, on perd notre temps là ! On est carrément en train de partir sur autre chose !
- Mais et le parfum ? Et le côté «artistique» de ce meurtre ? T’en fais quoi ?...
- Une mise en scène tout ça ! Je veux dire on aurait voulu nous éloigner de Montpellier, on s’y serait pas pris autrement…
A ces mots, les yeux de Julie s’écarquillèrent, et elle murmura presque :
- La passerelle…
Mon côté cartésien permit de vite retourner à la réalité du boulot.
- Gonzales, excuses-nous, mais il va falloir qu’on y aille.
- Déjà !!
- Ouais, on est en train de sortir du cadre de notre boulot là. On pensait tenir quelque chose qui soit en relation avec une affaire qu’on traite… Mais on s’est trompé. Et tu veux un conseil ?
- Vas-y.
- Déclare ce corps comme inconnu ou comme un clandestin ayant un malheureux accident. Sinon, ça va t’amener que des emmerdes.
- Un clandestin qui se parfume au Kenzo ?...
- Justement. C’est l’effet embrouille, crois-moi. Je t’assure Léon, éloignes-toi le plus vite possible de cette connerie… «artistique».
Il ne disait plus rien. Tant pis s’il me prenait pour un chef mystique ou un dirigeant mégalomane. On n’avait plus rien à faire ici.

- Hey Miss, tu veux que je prenne le volant ?
- Non, ça ira... Ca me permettra de revenir à la réalité.
A ces mots, son portable sonna. Elle décrocha, eut juste le temps de dire «allo», puis écouta, les sourcils froncés. Cela dura moins d’1 minute.
- Bon Pierre, ça te dit d’aller sur une autre fausse piste ?
- Avec toi, c’est toujours un plaisir.
- Une parfaite inconnue me donne rendez-vous ce matin 7h00, à l’entrée de Pignan.
- C’est à une dizaine de bornes de Montpellier ça ? Sur la Départementale 5 ?
- Ouais. Et là, on me rappellera pour me donner d’autres instructions.
- Je suppose que le numéro était masqué
- Bah oui.
- Et bin allons-y. Au point ou on en est…

Sur la route du retour, Julie me fit la résolution d'une question que l’on se posait au restaurant :
- Au moins, on sait que ce n’est pas ton dealer de Lyon qui utilisait son numéro, mais quelqu’un d’autre. Sûrement le même qui a commandité ce meurtre étrange.
- Tu as sans doute raison. C’était certainement le premier moyen utilisé pour qu’on s’éloigne de Montpellier. C’est tellement facile de pirater une carte Sim…
- Mais on ne s’y est pas laissé prendre…
- Et on est monté d’un cran dans les moyens utilisés. Va falloir qu’on fasse gaffe à Pignan.
Julie se contenta de hocher la tête doucement, réfléchissant déjà à ce qui nous attendait là-bas.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: [Texte] Le Récit de Save Dream   Mar 4 Mar 2008 - 19:19

Julie se réveille en sursaut.

Quel étrange rêve venait elle de faire !

Des gens noyés dans du parfum! Quelle mouche pouvait bien avoir piqué son inconscient pour inventer un scénario pareil ?!
Bizarre tout de même, en plus je ne me souviens plus comment je suis rentrée du restaurant hier soir!...
Et ce rêve qui semble si réel, avec une sensation dérangeante qui persiste.
Elle se lève et fonce à la douche , il n' y a rien de mieux pour séclaircir les idées!
Mais tout continue à s'embrouiller, rêve -réalité ?
Elle sent ses jambes se dérober ...

Je vois la passerelle et ma grand mère qui se promène au loin dans le jardin , une femme est avec elle , mais je n'apperçois pas son visage.
Il y a un chat qui se promène sur la rembarde de la passerelle , je connais ce chat !
Ma grand mère se rapproche , elle me fait signe de la rejoindre , mais quelque chose me dit de ne pas y aller.
Mais est ce un rêve ou la réalité ?
Je ne sais plus ....
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: [Texte] Le Récit de Save Dream   Lun 14 Avr 2008 - 16:41

« Le chat s’arrête et me regarde, ma grand-mère insiste pour que je la rejoigne. Hésitante, j’avance d’un pas, d’encore un…. Une partie de moi veut y aller mais au même temps cette étrange sensation de faire demi-tour et fuir. Je fais encore un pas et subitement le chat pousse un hurlement strident et me saute à la figure toutes griffes dehors ! »
Julie gigote sur le siège où elle s’est endormie et subitement elle fait un grand bond, retenue par la ceinture de sécurité, et se met à hurler en se débattant. Son hurlement me fait sursauter, ses bras battent l’air et le gauche vient me heurter droit sur mon oreille. Avec une main j’essaye de la calmer, l’autre essaye de garder le contrôle de la voiture. Je crie son nom « JUUUUUULIIIIIIIE ! reveilles toi !!!! » Encore un coup de sa part, il m’atteint sur le nez et la voiture part en vrille. Je freine, je relache les freins, j’essaye de reprendre le contrôle mais on part sur le champs.

Violemment sécouée, la voiture s’immobilise enfin sans avoir heurté la rembarde qui surgit de nulle part. Cette agréable course de voiture semble avoir tiré Julie de son cauchemard. Elle ne dit plus rien et regarde fixement droit devant elle. « Ca va Julie, t’as rien ? ». « Non » me répond elle, « ça ne va pas, est-ce que je rêve encore ? ». Je lui pince le bras et elle sursaute encore et me regarde, en colère. « M’enfin, qu’est-ce qui te prend Pierre de me pincer comme ça ? » Ah voilà, la damoiselle est revenue elle-même.

Je lui explique qu’on a eu un léger accident suite à son cauchemard et qu’il vaut mieux aller vérifier la voiture puisque visiblement tous les 2, nous sommes intactes. Nous sortons de la voiture. Celle-ci semble en parfait état. Tout d’un coup, Julie se met à hurler.

D’un doigt tremblant elle me montre un petit matou assis sur la rembarde devant laquelle on se trouve. Il est tout mignon, pas très grand et nous regarde avec beaucoup de curiosité.

« Pierre, il faut qu’on se tire d’ici. C’est le chat de mon rêve, il se passe des choses mais je n’y comprend rien ». Sa voix tremble, elle n’a plus rien du flic un peu froid que je connais habituellement. Son état est contagieux, je sens les frissons descendre le long de mon dos et subitement je sens, je sens vraiment…. Une odeur enivrante, une odeur que je connais déjà. Le parfum Flowers de Kenzo !!!!

Mais c’est quoi cette histoire ? Le chat nous regarde toujours, sans bouger, mais il ne parait ni aussi petit ni aussi inoffensif. Il ouvre la bouche et émet une sorte de miaulement rauque. C’est son haleine qui sent le Kenzo. Julie et moi nous jetons pratiquement à l’intérieur de la voiture, fermons les portes et je rallume le moteur et part aussi vite que possible en marche arrière. Heureusement la voiture suit. Dans une gerbe d’herbes arrachés, je fais demi tour et nous remontons sur la route. L’odeur de Kenzo envahit l’habitacle de la voiture et je fonce en avant. L’odeur s’estompe au fil des km et nos cœurs ralentissent. Sans un mot je continue néanmoins à rouler, jusqu’à la maison.

J’invite Julie à entrer pour un whisky. Elle ne refuse pas et me suit. J’attend que nous sommes installés dans le canapé avec chacun notre verre avant commencer à lui demander ce qui s’est passé toute à l’heure. Sa réponse me surprend « s’il te plait Pierre, peux tu d’abord me dire ce qui s’est passé jusque là, je ne sais plus….je rêve ou je suis reveillée….. je ne sais plus ? »

« Nous sommes allés à Lyon pour voir Gonzales et lui questionner sur ce meutre au parfum ». Julie m’interrompe pour dire « c’était donc vrai ». Je confirme, toujours assez surpris par son attitude. « Une fois sur place, on s’est rendu compte qu’on nous avait attiré à Lyon pour faire diversion, donc on a fait demi-tour à toute vitesse. T’as reçu un coup de fil pour un rendez-vous avec une inconnue, à 7h00 ce matin à l’entrée de Pignan. En route, t’as été prise d’un coup de fatigue et j’ai pris le volant. Tu t’es subitement endormie. Oui, quand j’y pense, c’était vraiment subitement, c’est étrange……. Tu avais l’air de faire un rêve agité du genre desagréable, c’est le moins qu’on puisse dire, quand tout d’un coup tu t’es mise à hurler comme une dingue et as essayé de me sauter dessus. J’ai perdu le contrôle de la voiture, on est parti hors route et on a faillie heurter cette rembarde. Le reste de l’histoire, tu t’en souviens ? »

Elle me fait oui de la tête et avale une très grande gorgée de whisky. Un peu trop grande, elle tousse, a les yeux qui larmoient me semble se calmer.

« La passerelle » dit elle. On a voulu nous détourner de la passerelle. Le meurtre à Lyon est bien lié à notre disparue mais de manière indirecte. Il a été luiqidé uniquement pour détourner notre attention. ».

Je ne comprend pas très bien ce qu’elle veut dire mais il s’approche de 7h00 et nous devons repartir pour le rendez-vous avec l’inconnue. Je lui suggère de retourner à l’endroit où nous avons quitté la route par accident et inspecter d’un peu plus près cette rembarde et le chat qu’elle a revé et qui s’est matérialisé ensuite.

C’est moi qui prend le volant car Julie a trop bu. On fonce vers Pignan et y arrive avec 10 minutes de retard. A l’entrée il n’y a personne. Je gare la voiture et nous descendons faire une petite tour. Personne, c’est le silence, c’est bizarre. Tout d’un coup Julie s’arrête et leve son nez, elle commence à renifler. « Pierre, tu le sens, tu le sens ?? » Et là je le sens, une légère odeur de parfum. Nous la suivons, elle longe la route et ne s’enfonce pas dans les bosquets. Un peu plus loin commence une fossée et l’odeur devient très forte.

Nous sommes figées par l’horreur du spectacle. Une femme inconnue en robe imprimée fleurs et escarpins noires est allongée dans la fossée. Son visage est tordu dans une grimace de pure peur, les yeux grands ouverts sans vie, ils ne verrons plus jamais rien, et de la bouche coule une liquide. L’odeur entetante de Flowers de chez Kenzo a totalement envahi l’air.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: [Texte] Le Récit de Save Dream   Dim 27 Avr 2008 - 22:36

- Ca va Julie ?
- Elle voulait me prévenir par rapport à cette passerelle… j’en suis sûr.
- Il ne faut pas que tu t’en veuilles pour nos 10 minutes de retard, on ne sait pas encore ce qui est arrivé…
- Ce rêve… Il n’était pas anodin.
- Quelle rêve ?
- Le rêve que j’ai fait dans la voiture, c’était encore un moyen de nous retarder. Tu l’as dit toi-même que c’était étrange que je m’endorme comme ça.
- Oui mais…
- Pierre, il faut qu’on fasse vite. Souviens-toi de ce que je t’ai raconté : la Pierre Sacrée, que Delphine fasse partie de ma famille… Je sens qu’ils sont proches de leur but.
- Ceux qui veulent détruire la Pierre ? Oui d’accord, mais ou chercher ?
- … Le journal ! Je n’avais pas fini de le lire quand tu es venu me chercher chez Madame Mimi.

Julie ressortit avec empressement le carnet et reprit sa lecture, mais à voix haute ce coup-ci. "…Cette casserole était magnifique. Au dos, je remarqua une inscription, on pouvait y lire "Perle bleue du lagon".
Je me demanda si la perle était le deuxième objet à rechercher.

Je fis donc le tour du salon quand j’aperçus un aquarium. C’était peut-être ça le lagon en question. J’y plongeai ma main, fouillant le sol tapissé de sable et remuant la vase. Une odeur nauséabonde remonta jusqu’à mes narines. Puis arrivant vers les rochers, je me piquais la main par une plante ressemblant à une ronce. Un petit filet de sang commença à colorer l’eau, mais je décidai de continuer. Je pris une forte inspiration et plongea ma main au plus profond de ces fichus rochers. Les épines labouraient mes doigts mais j’insistai en me pinçant les lèvres jusqu’à ce que je touche un objet petit, rond et lisse. Je le saisi et le remonta à la surface. C’était une bille toute bleue et qui avait une teinte laquée.
Une bille. Devais-je remonter dans mes souvenirs d’enfant ?

Suivant mon idée, je partis derrière la maison où j’avais l’habitude de jouer. C’était contre un vieux puits qui était fermé depuis bien longtemps par un panneau circulaire en bois qui semblait très robuste, et qui bouchait totalement le puits, de sorte qu’on ne pouvait pas voir à l’intérieur.
Fermé ?... La bille devait être la clé.
En cherchant partout sur la surface en bois, je remarquai un tout petit trou. J’y glissai la bille, et le panneau se mit à craqueler de partout. Lentement, des miettes de plus en plus grosses se mirent à tomber dans le puits. Puis, ce fut un grand bruit quand le reste ne tenait plus et s’échoua dans les profondeurs du vide. Une odeur absolument infecte mélangeant la pourriture humaine et les excréments se mit à remonter d’un coup comme pour me dissuader de descendre. On se croirait dans un roman digne de Lovecraft. Je pris un foulard, l’entoura autour de ma bouche, puis me mit à descendre le long des barreaux qui servaient d’échelle.
Arrivée en bas, je parcourais un long couloir que j’éclairais timidement avec ma petite lampe torche porte-clés. L’odeur était toujours aussi agressive mais je continuais d’avancer. Ce couloir me semblait interminable ; je ne savais même plus depuis combien de temps je marchais. 1 demi-heure ? 1 heure ? Peut-être 2. Mais j’étais trop proche du but pour m’arrêter maintenant.

Soudain, je débouchais dans une pièce circulaire. Et le spectacle était merveilleux et indescriptible. Une pièce immense ou régnait un jardin lumineux rempli d’arbres en fleurs, de pelouse verdoyante de plantes colorées, d’oiseaux virevoltants. Une féérie digne des plus beaux contes que me racontait grand-mère Mamounette. J’avais trouvé le Jardin Perdu.
Et le troisième objet ? Etait-ce la Pierre Sacrée ?...
"

Julie releva les yeux vers moi :
- Voilà. C’est tout.
- Julie, je sais où est Delphine Micarmi.
- Dans le puits…
- Absolument ! Il faut que tu laisses ton instinct te guider. Si Delphine fait partie de ta famille, tu sauras la retrouver. Cette femme nous a amené ici car elle savait où se trouvait cette fameuse maison. Maintenant, il n’y a que toi qui puisses trouver cette baraque.
- Tu me crois alors ?
- Ai-je douté une seule fois de tes paroles ? J’en douterais le jour où tu me raconteras des grosses conneries ; et ce n’est pas encore arrivé. Alors, à toi de jouer.
- Merci Pierre.
Je pris une lampe torche de la boite à gants et laissa Julie se concentrer.
- J’entends son appel. Elle est menacée…
Elle se mit à courir soudainement, comme une folle ; une dératée. Elle respira comme si on l’étranglait.
- Tiens bon Delphine ! J’arrive !
Elle répéta cette phrase sans cesse comme pour se donner une motivation d’aller plus vite.
Je ne sais pas si Julie était consciente ou pas de ce qu’elle faisait, mais si Madame Mimi était vraiment en danger, je me mis à penser que ça n’avait presque plus d’importance.
Soudain, elle s’arrêta, le souffle coupé.
- C’est là Pierre…. C’est là.
- Ok, restes ici pour reprendre ton souffle.
C’est à mon tour de courir comme un fou. Trouver le puits. Vite.
Je passais derrière la maison et le trouva. Je me penchais par-dessus le vide et fis une grimace.
- Bordel ! Ce que ça pue !
J’entendis Julie arriver derrière moi, l’arme dégainée.
- Vite !... Avant que ça soit trop tard !

On se retrouva donc dans ce fameux couloir rempli de puanteur. On courra encore et encore, la lampe torche étant très puissante.
Finalement, on déboucha sur cette fameuse pièce féérique. Je n’avais pas le temps de me décrire cette beauté. Une femme était ligotée et bâillonnée à un poteau, tandis qu’un grand homme maigre en habit de moine de couleur violette psalmodiait des paroles incompréhensibles au-dessus d’un autel où reposait une pierre translucide de la taille d’un poing.
Julie pointa son arme vers lui et cria une parole tout aussi incompréhensible. L’homme se retourna, surpris. 3 coups de feu partirent, et au lieu de saigner, le moine se mit à se consumer en poussant des hurlements affreux. Cela dura plus d’1 minute.

Tout était redevenu calme. J’allai délivrer la jeune femme.
- Delphine Micarmi je suppose ?
Elle acquiesça d’un hochement de tête :
- Qui… Qui êtes-vous ?
- Pierre Salti, et voici mon équipière : Julie Granier.
Lorsque qu’elle vit Julie, les yeux de Delphine s’illuminèrent :
- C’est toi ?...
Devant l’incrédulité de ma collègue, Delphine nous proposa de rejoindre la maison.

Plus tard, après une bonne douche et s’être remise de ses émotions, Delphine commença son récit explicatif :
- Je suis ta demi-sœur. Notre mère m’a conçue avec un homme de notre communauté dans les règles de la normalité morale si je puis dire, étant donné les activités que nous faisons. 3 ans après ma naissance, maman était tombé folle amoureuse d’un «terrien». Elle avait sans doute trouvé pendant un temps la douceur d’une vie normale. Toujours est-il qu’elle est tombée enceinte de toi, et qu’elle a du t’abandonner à ton père. C’était le prix à payer si elle ne voulait pas perdre ses pouvoirs.
- Comment elle s’appelle ?... Notre mère.
- Elle s’appelait Laure. Elle est morte il y a 3 ans d’une maladie.
- Mon père n’a jamais su qui elle était véritablement n’est-ce pas ?
-… Non, mais elle savait que c’était un homme bon et qu’elle pouvait te confier à lui. Crois-moi que ce fut un vrai crève-cœur pour elle de te laisser. Mais elle ne voulait pas courir le risque de vous imposer une vie que vous n’aviez pas demandé. Mais ça restait une femme… avec ses désirs.

Le reste des révélations de Madame Mimi fut la confirmation du récit de son journal : la lutte du bien contre le mal, du combat pour prendre possession de la Pierre Sacrée, et du kidnapping de Delphine pour la réduire au silence, elle et son caillou.

Je fis un rapport bidon expliquant que Delphine fut kidnappée par un client fêlé mécontent de ses services occultes, et qui avait décidé de l’abandonner au fond de ce puits. Que l’on retrouva le corps du kidnappeur à Lyon (celui parfumé au Kenzo) pour raisons inexpliquées.

Julie décida de démissionner pour retourner à ses origines de magicienne. Je fus promus capitaine suite à la résolution exemplaire de cette affaire.

2 ans après, Julie me manquait encore.

Revenir en haut Aller en bas

[Texte] Le Récit de Save Dream

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Loisirs Créatifs & Jeux :: Loisirs Créatifs-